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Nous sommes aujourd'hui tous concerné par la sécurité de la finance internationale. Parler de convergence en matière de Responsabilité Sociale de l’Entreprise (RSE) ou bien de Développement Durable (DD) suppose des niveaux d’analyse différents. Cette recherche de la convergence, si autant qu’elle soit souhaitable, peut être recherchée à différents plans comme par exemple au plan des normes ou des pratiques. Mon niveau d’analyse se situe, dans cet article, à une approche sectorielle à savoir le secteur des banques et de la finance et la recherche d’une possible convergence au niveau des normes/ standards/référentiels. De nombreux secteurs industriels notamment se sont organisés autour d’une vision commune en matière de RSE et de DD,souvent d’ailleurs autour de codes deconduite. Ils sont en général établis par des entreprises multinationales ou des fédérations professionnelles. Ainsi par exemple, la Fédération Mondiale du Sport, l’Union des Industries du Textile, la Fédération Mondiale du Jouet ont érigé des codes de conduites. Ces derniers reprennent tout ou partie des recommandations de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)sur les droits fondamentaux. Ils peuvent inclure également des dispositions complémentaires comme par exemple la confidentialité, la propriété industrielle, les conflits d’intérêts, les délits d’initiés, le rejet de la corruption.Le secteur des banques et de la finance ne pouvait donc pas rester à l’écart de ce mouvement. Nous irons même jusqu’à postuler que la pérennité des conceptsliés au DD va essentiellement dépendre de l’entière implication des banques et de la finance. Tant que la finance et le secteur des banques ne pèseront pas sur ce le débat lié au DD ce concept restera une espérance vaine. L’implication de la finance est vitale à cet égard. Or, c’est justement ce qui est en train de se produire. Est-ce que la banque DEXIA ne s’est pas proclamée « banque du développement durable » ? Même si la finance internationale fut souvent perçue comme un acteur non impliqué voire même un obstacle pour certains, elle occupe une place privilégiée qui ne cesse de gagner en importance. L’on a souvent bien voulu opposer le monde de la finance (associé à « des requins») et la recherche d’un équilibre social et environnemental. L’objet de cet article est donc double. L’une des caractéristiques essentielles de la finance est l’évaluation durisque.Le taux d’intérêt crédit par exemple quantifie le risque pris par la banque lorsqu’elleprête de l’argent à ses clients. Le risque fait partie intégrante de la culture financière. De nombreux risques existent dans le métier de la finance, risque de contrepartie, risque des taux, risque de marché, risque de liquidité et même le risque opérationnel depuis les accords de Bâle II. Devant les conséquences financières engendrées par une mauvaise gestion des risques environnementaux, c’est tout logiquement que le secteur des banques et des assurances commence à traiter ce risque environnemental dans leurs opérations. Ici la motivation à s’inscrire dans la problématique du développement durable est très simple : l’environnement (et plus largement le domaine de la sécurité - environnement) est un risque de plus en plus important en terme financier et juridique. Les banques et les assurances ne peuvent plus l’ignorer. Il leur faut donc appréhender le risque environnemental couru par une entreprise car les questions écologiques peuvent avoir des conséquences non négligeables sur les relations banque - entreprise dans les étapes de développement de cette dernière. Le risque environnemental est un risque1 car s’il survient il fait courir un risque majeur sur la pérennité de l’entreprise : en l’empêchant de rembourser ses échéances,en dépréciant sa capacité productive suite au risque de pollution, inondation… en altérant la valeur de ses garanties (immeubles, matériels, etc.), en réduisant son chiffre d’affaires suite à un problème d’image liée à des produits ou à des pratiques qui ne respectent pas l’environnement. Sur base de ce constat, les banques et assurances deviennent donc de plus en plus prudentes lorsqu’il s’agit de financer des entreprises qui gèrent mal le risque environnemental. D’autres évènements environnementaux vont nécessairement intensifier davantage les contacts banques – entreprises – clients. Il s’agit notamment du développement des fonds en placements éthiques ou « investissement socialementresponsable » (ISR). L’Investissement Socialement Responsable rassemble toutes les démarches qui consistent à intégrer des critères extra financiers dans les décisions de placements et la gestion de portefeuilles. L’ISR prend à ce jour trois formes principales :les fonds socialement responsables ou de développement durable : ils intègrent des critères sociaux et environnementaux d’évaluation d’une entreprise cotée qui sont croisés avec des critères financiers pour sélectionner les compagnies les plus performantes d’un point de vue développement durable ; les fonds d’exclusion : plus répandus dans les pays anglo-saxons, ils excluent, pour des raisons morales ou religieuses, certains secteurs comme l’armement, le jeu, le tabac…l’engagement actionnarial : il consiste, pour les investisseurs, à exiger des entreprises une politique de responsabilité sociale plus forte.